Ou au moins ne pas nuire

Qui n’a pas déjà regardé Urgences, Grey’s Anatomy ou Dr Quinn femme médecin ? A chaque génération, une nouvelle série médicale connaît le succès, car la vie des médecins passionne. Sauver des vies, coucher avec ses collègues dans les salles de garde, chatouiller la faux de la mort. Quelle excitation !
Mais pour y arriver vraiment, c’est un marathon : années d’études, heures de travail, nuits de garde. Le tout encadré par une déontologie et des codes éthiques stricts. Le premier est dicté ainsi : «Primum non nocere». Ou au moins ne pas nuire. Allié au principe de la bienfaisance, cela devient une double règle. Il faut faire le bien, certes, mais au minimum il faut «ne pas faire de mal».
Principe basique et pourtant ambitieux, dans ce monde où tout tourne trop vite, où la rentabilité est devenue maîtresse et où l’on s’est déconnecté de nos corps
et de nos morts.
Garance Félix était médecin. Elle ne pratique plus depuis 4 ans, et parfois, ce travail lui manque. Peut-être à cause du salaire, c’est vrai. Alors, elle a créé un solo sur ses années de pratique. Elle y dévoile ses souvenirs heureux et drôles : le soin en consultation, les petits bonheurs face à la maladie, la solidarité au sein des équipes. Elle raconte aussi les plus douloureux : l’omniprésence de la mort, la course effrénée contre le temps, le culte de la performance, le poids des responsabilités. C’est tout un système qu’elle questionne, un système qui broie les corps soignants et malades, et qui les empêche de se rencontrer vraiment.
Concept, mise en scène et interprétation : Garance Félix
Mise en scène : Julia Portier

